Dura Lex.......................Sed Lex
Deux grands principes caractérisent la Loi, sa dureté et sa connaissance obligatoire par tous.
Mais nulle part vous ne trouverez explicitement dit que la Loi doit être juste, à tel point que la candidate socialiste en fait maintenant son credo, le principe de la justitude en quelque sorte.
Après s'être prise pour Sainte Marie, elle voudrait incarner Mâat.
Comme trop d'impôts n'ont jamais tué l'impôt, trop de Lois continue à permettre de détourner l'esprit des Lois.
Et les premiers à en abuser sont les législateurs eux-mêmes, qui s'auto-amnistient ou règlent leur avenir financier au détriment du Peuple.
Le principe de la séparation des pouvoirs, un des fondement de la démocratie me semble de plus en plus mis à mal par nos politiques, toutes tendances confondues.
Nous sommes depuis longtemps régis par celui de la gouvernance législative, et celà se ressent dans les rapports entre humanoïdes.
Au premier mécontentement, hop, on se réfère aux sources du droit, vulgarisé comme le médical (nous serons bientôt amené à nous auto justicier) pour analyser la situation. J'ai écrasé ce piéton, mais j'étais dans mon droit, il traversait en dehors des clous.
L'abrutissement global passe en effet par l'infantilisation extrême, selon des méthodes qui ont fait leurs preuves dans le système sectaire.
Suivre à la lettre la sacro-sainte écriture rédigée par le gourou, tout en acceptant le fait que celui-ci, seul, peut transgresser ses écrits, ou les modifier (qu'il est bon d'être gourou, c'est pour cela qu'il y a tant d'Iznogoud).
Et surtout, ne pas hésiter à favoriser la délation, partant du principe que l'homme est ce qu'il est, et que, comme l'a si justement chanté Pierre Vassiliu
" ça emmerde les gens quand on vit pas comme eux ".
L'armée des clones est en marche, sublimée par cette pub inepte dans laquelle le pauvre gars atteint d'un hocquet bruyant est ramené dans le "rang" par ses pairs compatissants ou jaloux.
Il fut un temps où ces images subliminales étaient dénoncées, à juste titre.
La préoccupation première du citoyen occidental est de vivre en sécurité, le reste du monde cherchant à vivre, tout simplement.
C'est louable, mais quand on sait ce que représente le marché de la sécurité on ne s'étonne plus du battage fait autour du sujet, et l'on en vient à remarquer des situations aussi cocasses que pathétiques, telle cette grand-mère tenant par l'épaule sa petite fille, juchée sur une bicylette équipée de roues stabilisatrices et coiffée d'un casque.
Trop c'est trop, des générations de gosses ont appris à faire du vélo seul et sans casque.
C'est aussi en se cassant la gueule qu'on apprend.
Mais il faut formater les futurs consommateurs, ceux qui ne s'aventureront plus en Auvergne sans être équipés de systèmes de radars GPS........ et vive l'aventure.
Et derrière ces situations, ce mode de vie qui tend à la mort de toute initiative, des textes, de plus en plus de textes dont le changement constant montre que la vérité d'hier n'est pas forcément celle de demain.
Mais ne nous leurrons pas, sous prétexte de lois, sous couvert d'écrits brandis comme blanc-seing excusant tous les abus, nous sommes asservis, fichés, et bientôt pucés voire génétiquement modifiés.
Je complète la liste de Proudhon.*
réformer la société doit passer par la réforme du système judiciaire.
Alors quel principe retenir,
Celui d'Aristote,
"Le juste est ce qui est conforme à la loi et ce qui respecte l'égalité, et l'injuste ce qui est contraire à la loi et ce qui manque à l'égalité."
(Ethique à Nicomaque)
de Montaigne,
"Les lois se maintiennent en crédit non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois." (Essais)
ou de Maistre
"La loi juste n'est point celle qui a son effet sur tous, mais celle qui est faite pour tous."
(Les soirées de Saint-Pétersbourg).
Vivement la fameuse prise de conscience collective qui révèlera enfin l'Homme.
Sator
*
Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni le titre, ni la science, ni la vertu…
Être gouverné, c’est être à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est, sous prétexte d’utilité publique, et au nom de l’intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné. pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !