Histoires parallèles

S..., cinq ans, chemine en tenant la main de son père.
Ils rentrent chez eux après être allés vendre quelques souvenirs de famille à J..., chez un antiquaire.
Les objets étaient simples mais il représentaient une grande valeur sentimentale, et l'argent retiré permettra juste au père d'assurer la substance de la famille pendant une petite semaine.
Et après ?
M..., cinq ans, chemine en tenant la main de son père.
Ils rentrent chez eux après être allés vendre quelques souvenirs de famille à un antiquaire de la rue B., à V...
Le prix donné par l'honnête commerçant n'assurera pas le pain de la semaine.
Et après ?
Le long trajet est semé de contrôles effectués par des hommes en armes.
Le ton de ces "représentants de la force brutale" est rude.
Les deux adultes sont souvent rabroués, il leur est demandé à maintes reprises de justifier de leur identité et les raisons de leur périple.
Leur maigre viatique est fouillé, le contenu jeté au sol et ils sont contraints de s'agenouiller devant "l'ennemi" pour le ramasser.
Les seuls regards que surprennent les deux enfants à leur adresse sont des regards de haine, quand, pire encore, ce ne sont pas des regards de mépris.
Enfin, un dernier contrôle, et non le moindre, avant de franchir le mur d'enceinte érigé depuis quelques temps autour du morceau de terre qui a été concédé à leur peuple.
Enceinte de la honte, destinée à protéger l'autre, de quoi, le sait-il lui même ?
Il est temps de nommer ces deux enfants, Salim vit de nos jours à Gaza en Palestine avec son peuple.
Le second, Mordechaï avait cinq ans en 1940, il vivait à Varsovie.
Ce dernier avait une étoile jaune cousue sur ses vêtements.
Salim, lui, c'est dans son coeur, au fer rouge, qu'on a gravé une étoile.
La logique aurait du faire que la vie menée par Mordechaï fasse que celle de Salim soit différente.
Mais l'histoire en décide autrement et l'opprimé d'hier devient l'oppresseur d'aujourd'hui.
Salim aujourd'hui n'est pas seul, on pourrait aussi citer Lobsang au Tibet, Aminata en Somalie.... et bien d'autres malheureusement.
Tout cela parce que nous sommes dirigés par ceux que l'on nomme les néo cons.
Le néo con se reconnaît aussi à ce qu'il crée le néo-illogisme ou la néo-notion.
Ainsi ont commencés à fleurir des termes comme négationnisme, engendrant un arsenal juridique visant à déstabiliser celui qui oserait s'attaquer au mega-sionisme.
Il y a aussi ceux qui se posent en défenseurs du devoir de mémoire, mais qui donnent plutôt l'impression de l'avoir courte et sélective.
La mémoire de l'histoire devrait permettre à l'être humain de tirer des leçons du passé et d'orienter l'avenir en fonction de celles-ci.
Se cantonner dans une attitude figée d'adorateur du passé le plus sombre, en dehors des dangers d'être amené à le reproduire pour ne pas l'oublier (n'est-ce pas si souvent le cas) maintient l'être dans l'obscurantisme le plus total.
Car les parallèles entre les enfances de Salim et de Mordechaï ne s'arrêtent pas à ce que je vous ai maladroitement conté.
Si l'on arrive à être un tant soit peu attentif à ce qui se passe, si, parvenant à faire fi de la somme de désinformation dont on nous abreuve pour nous aveugler, on s'aperçoit que nous répétons les mêmes conneries que par le passé.
Il est quand même surprenant de constater qu'à des périodes régulières, une minorité (Rome, Athène, Carthage, la France, l'Allemagne... et les autres...) puisse prendre le pas sur la majorité dans le seul but d'exprimer sa vision mégalomaniaque du monde.
Et il est surprenant de constater qu'à chaque fois, bien que ses prédécesseurs se soient cassés les dents, il se trouve toujours un néo con pour essayer à son tour.
Surprenant mais pas si amusant, car si les néo cons jouaient ensemble, cela éviterait à ceux qui ne demandent rien d'autre que vivre de morfler inutilement dans leur chair et dans leur esprit.
Et oui, ce serait bien si tout ces va-t-en-guerre, mais celles faites par les autres prenaient enfin leur courage à deux mains et s'avoinaient comme ils l'entendent, entre eux.
Mais là, il n'y aurait plus grand monde.
Mais là, Salim, Mordechaï, Lobsang, Aminata et les autres pourraient s'amuser et considérer l'avenir sous un angle humain.
L'Homme, messieurs les apolitiques, les faites ce que je dis, les fossoyeurs, l'Homme n'est pas qu'une machine à produire et à consommer.
Il n'est pas qu'un roseau non pensant.
Et si vous pensez le contraire, reconsidérez-vous vous-même.
Qu'êtes vous d'autre que la rencontre inopinée d'un spermatozoïde et d'un ovule ?
L'esprit est l'avenir messieurs, dans son noble sens.
Sans être prophète, souvenez-vous que tout ghetto a généré sa rébellion.
Sator
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