Histoire d'eau.... d'Ô.... celle de l'homo imbecilatus.


A l'heure où le sacro-saint pétrole se fait rare, rareté justifiant des augmentations successives aux pompes, surtout lors des grandes migrations estivales,
à l'heure où le pékin moyen (très moyen même) est prêt à faire d'énormes sacrifices pour sauver la planète, quitte à louer à des tarifs passibles de la correctionnelle des vélos pour parcourir la capitale,
nos chefs d'états et autre grands saigneurs de ce monde en pleine décrépitude ne se privent pas d'allers et retours abusifs en aéronefs ou ballades en super yachts, gros consommateurs de ce précieux carburant et surtout grands pollueurs devant l'Eternel.
Mais que l'on se rassure, les promesses électorales de notre PDPT* vont se réaliser, à n'importe quel prix (il s'en fout, ce n'est pas lui qui paye...), surtout celles ayant trait à la production des énergies de remplacement et à la sauvegarde de notre biosphère.
Le bio-éthanol arrive, même si sa production à grande échelle met en danger l'équilibre planétaire déjà mis à mal, et notre survie, soyons assurés, nous pourrons encore circuler sur et dans nos machines à roulettes.
Bien entendu, il ne faut pas tenir compte des réalités risquant d'entacher cette vison idyllique.
Il ne faut pas s'inquiéter si un litre d' "éco-carburant" requiert quatre à cinq litres d'eau pour sa production, une bonne dose de pesticides et d'énergie fossile et surtout un déséquilibre irrémédiable de l'interaction naturelle entre les trois règnes lié à la monoculture abusive.
il faut avant et contre tout que les grandes Nations occidentales, garantes de cette démocratie si longtemps ignorée voire bafouée par des peuples qui ne parviennent pas encore à l'apprécier, malgré les efforts consentis des siècles durant, dans un immense élan de sacrifice incompris et d'abnégation par nos valeureux colons, puissent enfin se libérer du chantage permanent exercé à leur encontre par quelques potentats exotiques.
Les aléas de la répartition des richesses naturelles ont en effet permis que certains chefs d'états, élus par des peuples inconséquents et inconscients, aient à leur disposition une part non négligeable des ressources pétrolières, soient membres de l'Organisation du Partage Equitable du Pétrole et en jouent, comme une menace à la moindre tentative d'invasion ou d'ingérence.
Il est donc nécessaire et chacun en conviendra, qu'en attente de la possibilité d'extraire le pétrole placé sous la calotte glaciaire arctique, en détruisant tout un système écologique encore inexploré, nos moteurs puissent vrombir grâce à la bio-énergie.
Au fait, amusante cette découverte du pétrole sous le Pôle Nord, et cette course effrénée à la conquête du nouveau monde sous-marin.
C'est vrai qu'on nous a rebattu les oreilles avec ce réchauffement climatique, nous culpabilisant de nos "excès".
Mea culpa si j'ai oublié d'éteindre la lumière de la cuisine, si j'ai un peu dépassé les 20° dans mon appartement cet hiver, si à cause d'un abus d'un des fleurons de la cuisine du sud-ouest mes flatulences se sont mêlées à celles des bovidés.
Par contre silence total sur l'émission de Co2 des chars d'assauts, des avions de combats et des navires de guerre circulant un peu partout, des explosions de bombes de la décomposition des corps pourrissants sur les champs de batailles ou sous les décombres des villes pilonnées aveuglément par les armées de la Pax americanosiona.
C'est vrai, il est des sujets qui fâchent. alors s'il vous plaît, replacez la diatribe ci-dessus par ces quelques mots : l'activité militaire mondiale liée au maintien de la paix et l'apport de la civilisation au sein de contrées qui la méritent.... merci.
Mais ce réchauffement n'est-il finalement pas salutaire à la future extraction pétrolière ?
Alors dois-je tenir compte du discours soit-disant écologique tenu à une certaine époque, et qui s'est d'ailleurs sérieusement atténué ?
Non, car avant tout écologie rime avec économie, et que le second prime sur l'autre.
N'est-il pas paradoxal que sur une planète où les deux tiers de la surface est liquide, les trois quarts de la population sont qualifiés par quelques grands humano-économistes de potentiels (à court terme) "émigrés écologiques", du fait du manque d'eau, alors que le quart restant gaspille ce liquide vital, une bonne partie de son temps et de ses ressources à essayer de faire perdurer un mode de vie qu'il sait perdu (à court terme aussi) ?
C'est paradoxal, compréhensible et inexcusable.
Si chacun sait au fond de lui que l'avenir ne pouvait résider que dans la décroissance, chacun sait aussi qu'aujourd'hui il est trop tard pour entamer cette digression salvatrice.
L'humain si prompt à se lamenter sur la disparition accidentelle d'un ursidé non désiré n'est, il me semble l'avoir déjà dit, qu'un prédateur-pleureur.
Mais les larmes qu'il verse ne sont que des larmes de crocodiles, car alors que dans la mort de l'autre il voit la sienne approcher avec appréhension, pour sa survie égoïste, il est prêt à faire sacrifier la vie de ses semblables.
J'ai bien dit faire sacrifier, car le magistrat, si soucieux de la lettre, a toujours eu besoin du bras du bourreau pour l'exécution de sa décision, la fuite dans la délégation.
Il est aisé de laisser agir la "nature" en ne fournissant pas les moyens à certaines populations du survivre, afin de procéder à cette sélection propre au maintien du statu quo économique dans lequel il est si loisible de se vautrer.
Car, revenons en à l'eau, s'il est difficilement concevable pour l'aventurier épisodique incarné par le touriste de passage dans un département pour lequel des Préfets en sont venus à restreindre son usage, de ne pouvoir effacer les traces poussiéreuses sur la carrosserie de son précieux véhicule, il l'est d'autant moins pour beaucoup de terriens de pouvoir imaginer qu'on puisse réserver la vie à ce simple usage.
Mon esprit taquin ne peut s'empêcher un petit aparté, lié à l'hypocrisie permanente qui règne dans notre société.
En ce moment, c'est vrai, quelques régions françaises sont touchées par un manque d'eau lié à une surpopulation ponctuelle doublée d'une mauvaise gestion de cette ressource dont le renouvellement est de plus en plus aléatoire.
En dehors de l'incivilité attachée à cet esprit gaulois qui caractérise pas mal d'entre nous, du genre "TPMG", on ne peut qu'être surpris par les arrosages de pelouses et autres espaces verts publics, de golfs privés (bien que largement subventionnés) et l'usage dispendieux des douches gratuites disposées harmonieusement sur les plages.
Enfin, pour en terminer provisoirement avec cette histoire d'eau, je pense que si certains peuvent se montrer fiers d'avoir vu le commencement de quelque chose dans leur vie, je puis, moi aussi, louer l'Etre suprême, à défaut le hasard, de me permettre d'assister à la fin d'une ère, à défaut de ce que l'on aurait pu nommer une civilisation.
Sator
* PDPT - Président de petite taille
* TPMG - Tout pour ma gueule
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