Comprends plus !

Je suis, tout comme vous, confronté à deux notions, rabâchées plusieurs fois par jour par les grands moralistes économiques de mon pays via les médias, dignes hérauts de la pensée unique,
la Dette
la Croissance.
La première m'étant présentée comme la contrepartie de la seconde, et inversement.
Le discours généralement tenu est de m'inciter à générer plus de croissance en produisant et surtout en consommant plus afin de résorber cette fameuse dette.
Mais nos économistes se gardent bien de mettre en avant le paradoxe, qui me semble évident, de leurs propos, lesquels replacés dans le système néo-libéral en montre bien la faiblesse.
Je m'explique.
De manière à garantir des revenus de plus en plus importants aux tenants des outils de production, actionnaires divers, l'occident tend à délocaliser les dits outils vers des contrées où la main-d'oeuvre ne coûte pas grand chose.
Or ces contrées, afin justement de maintenir des prix de revient intéressants ne peuvent être peuplées de consommateurs en puissance.
Le système économique de référence a donc séparé deux mondes, l'aire de production et celle de consommation.
Celle-ci se trouve quant à elle en passe d'abriter une population en voie de paupérisation du fait de la perte des emplois générateurs de salaires nécessaires à la consommation de la production perdue.
Pour compenser cette perte de ressources vitale à l'économie, il a été mis en place un système judicieux et sophistiqué d'aides diverses, permettant entre autre aux investisseurs de récupérer une bonne partie de l'argent public collecté par le biais des prélèvements fiscaux de ceux qui ne peuvent échapper à l'impôt.
Mais cette manne venant à s'amenuiser, la masse de sans emplois augmentant régulièrement, l'Etat "providence" sollicite de plus en plus les fonds privés internationaux,
d'où l'accroissement de la dette.
Si vous avez suivi mon raisonnement, l'augmentation de la croissance économique, destinée à générer de plus en plus de profit, ce dont elle s'acquitte bien au demeurant, amène à la délocalisation de l'outil de production et entraîne ipso facto un accroissement de la dette.
Il fut une époque, on nous entretenait du serpent monétaire,
Nous sommes arrivés à celle où il se mord vraiment la queue.
Sator
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